«On fait ce métier pour être devant, dans la lumière...» (25/04/2006)
© WARNER
Emmanuel Moire nous a reçu dans les loges de Forest National, entre deux représentations du Roi Soleil
BRUXELLES Emmanuel Moire venait d'enlever son costume de Roi-Soleil quand nous l'avons rencontré, ce week-end, dans les loges de Forest National. Le premier spectacle de la journée venait de se clôturer, le deuxième suivrait quelques heures plus tard, mais point de répit pour le rôle principal. Le charmant Emmanuel a répondu à nos questions avec une aisance que nous ne lui connaissions pas. C'est qu'au début de l'aventure, il y a de ça une bonne année, le jeune homme semblait un peu mal à l'aise. «C'est vrai, nous sourit-il quand nous le lui avons fait remarquer. Mais aujourd'hui, il y a moins de pression, parce que mine de rien, le succès ça apaise. Et puis, vendredi, c'était la 170e, donc on en a dans les pattes. Les personnages sont vivants maintenant, on ne calcule plus, ça vient naturellement.»
Aujourd'hui, tu as l'impression d'avoir été à la hauteur du challenge?
«Oui et il n'y a pas de secret: c'est dû au travail qu'il y a derrière. J'ai fait un stage intensif pendant un an et demi où j'ai appris beaucoup de choses, artistiquement mais aussi humainement. Je suis plus apaisé. J'ai toujours des moments de doute mais globalement, je me sens mieux. Et ça se répercute sur scène. En fait, je m'éclate plus qu'avant. Ce n'est qu'une partie de plaisir: c'est du spectacle, après tout, je ne suis pas en train de jouer ma vie tous les soirs. Au début, comme j'avais été très médiatisé, j'étais crispé. Je n'étais pas dans le lâcher prise. Aujourd'hui, si.»
En un an et demi, tu as l'impression d'avoir mûri plus rapidement que la moyenne?
«Oui. Artistiquement, c'est sûr: à force de travailler et de chanter tous les soirs, j'ai appris à gérer ma voix, à me connaître... Et surtout humainement. Grâce à la vie de troupe mais aussi grâce à l'image qu'on me renvoie, à la célébrité qui est venue d'un coup. J'ai appris beaucoup de choses sur moi-même: des choses que je pouvais dégager, que je ne soupçonnais pas du tout. Et puis, grâce au fait de vivre pleinement mon métier sans trop de problèmes pour l'instant, j'ai acquis une confiance que je n'avais pas au début de l'aventure. Mais je crois aussi que ce qui fait qu'un artiste est généreux sur scène, c'est qu'il est conscient de ses failles, et les miennes sont toujours là. Sur scène, j'ai envie de les laisser aller. Je serai toujours réservé, timide, plutôt posé mais aujourd'hui, je m'assume avec cette fragilité-là, cette sensibilité extrême parfois et qui fait aussi que le rôle du Roi-Soleil est comme il est. C'est ce qui fait ma patte.»
Ta forte médiatisation n'a pas posé de problèmes dans la troupe?
«Il y a eu des hauts et des bas. Chacun a son ego, ses limites, ses envies, ses frustrations. C'est parfois parti en live mais je n'en veux à personne... Si j'avais été moins médiatisé qu'un autre, comment aurais-je vécu ça? On ne fait pas ce métier par hasard, il ne faut pas se leurrer: on a envie d'être devant, dans la lumière. J'ai une place qui est assez facile à vivre aujourd'hui, même si elle a aussi des inconvénients. En effet, cette année, j'ai donné énormément d'énergie et de temps aux autres et j'ai travaillé beaucoup. Il y a un risque de s'oublier. Je suis fier de ne pas être tombé dans les inconvénients de ce métier: se prendre pour une star, être déconnecté. J'ai été épargné encore... (Il sourit) Je ne suis pas à l'abri parce que le succès ça monte un peu à la tête, mais j'ai des vraies valeurs humaines et c'est ce qui me sauve. Et je suis bien entouré. Tout ça donc, ça crée parfois des fossés avec les autres mais de toute façon, une aventure artistique, ce n'est jamais rose.»
Des dates sont déjà prévues en avril 2007 chez nous. Ça ne t'angoisse pas de savoir ce que tu feras l'année prochaine à la même époque?
«C'est un peu comme ça que ça a fonctionné cette année. Plus on avançait, plus on voyait la tournée se remplir. En tout cas, si un jour, j'en ai marre, je ne serais plus là. Il ne faut pas se forcer à faire les choses parce que les gens vont le ressentir. Si je suis donc là en avril 2007, c'est que ça m'éclate toujours.»
Propos recueillis par Déborah Laurent
© La Dernière Heure 2006
© WARNER
Emmanuel Moire nous a reçu dans les loges de Forest National, entre deux représentations du Roi Soleil
BRUXELLES Emmanuel Moire venait d'enlever son costume de Roi-Soleil quand nous l'avons rencontré, ce week-end, dans les loges de Forest National. Le premier spectacle de la journée venait de se clôturer, le deuxième suivrait quelques heures plus tard, mais point de répit pour le rôle principal. Le charmant Emmanuel a répondu à nos questions avec une aisance que nous ne lui connaissions pas. C'est qu'au début de l'aventure, il y a de ça une bonne année, le jeune homme semblait un peu mal à l'aise. «C'est vrai, nous sourit-il quand nous le lui avons fait remarquer. Mais aujourd'hui, il y a moins de pression, parce que mine de rien, le succès ça apaise. Et puis, vendredi, c'était la 170e, donc on en a dans les pattes. Les personnages sont vivants maintenant, on ne calcule plus, ça vient naturellement.»
Aujourd'hui, tu as l'impression d'avoir été à la hauteur du challenge?
«Oui et il n'y a pas de secret: c'est dû au travail qu'il y a derrière. J'ai fait un stage intensif pendant un an et demi où j'ai appris beaucoup de choses, artistiquement mais aussi humainement. Je suis plus apaisé. J'ai toujours des moments de doute mais globalement, je me sens mieux. Et ça se répercute sur scène. En fait, je m'éclate plus qu'avant. Ce n'est qu'une partie de plaisir: c'est du spectacle, après tout, je ne suis pas en train de jouer ma vie tous les soirs. Au début, comme j'avais été très médiatisé, j'étais crispé. Je n'étais pas dans le lâcher prise. Aujourd'hui, si.»
En un an et demi, tu as l'impression d'avoir mûri plus rapidement que la moyenne?
«Oui. Artistiquement, c'est sûr: à force de travailler et de chanter tous les soirs, j'ai appris à gérer ma voix, à me connaître... Et surtout humainement. Grâce à la vie de troupe mais aussi grâce à l'image qu'on me renvoie, à la célébrité qui est venue d'un coup. J'ai appris beaucoup de choses sur moi-même: des choses que je pouvais dégager, que je ne soupçonnais pas du tout. Et puis, grâce au fait de vivre pleinement mon métier sans trop de problèmes pour l'instant, j'ai acquis une confiance que je n'avais pas au début de l'aventure. Mais je crois aussi que ce qui fait qu'un artiste est généreux sur scène, c'est qu'il est conscient de ses failles, et les miennes sont toujours là. Sur scène, j'ai envie de les laisser aller. Je serai toujours réservé, timide, plutôt posé mais aujourd'hui, je m'assume avec cette fragilité-là, cette sensibilité extrême parfois et qui fait aussi que le rôle du Roi-Soleil est comme il est. C'est ce qui fait ma patte.»
Ta forte médiatisation n'a pas posé de problèmes dans la troupe?
«Il y a eu des hauts et des bas. Chacun a son ego, ses limites, ses envies, ses frustrations. C'est parfois parti en live mais je n'en veux à personne... Si j'avais été moins médiatisé qu'un autre, comment aurais-je vécu ça? On ne fait pas ce métier par hasard, il ne faut pas se leurrer: on a envie d'être devant, dans la lumière. J'ai une place qui est assez facile à vivre aujourd'hui, même si elle a aussi des inconvénients. En effet, cette année, j'ai donné énormément d'énergie et de temps aux autres et j'ai travaillé beaucoup. Il y a un risque de s'oublier. Je suis fier de ne pas être tombé dans les inconvénients de ce métier: se prendre pour une star, être déconnecté. J'ai été épargné encore... (Il sourit) Je ne suis pas à l'abri parce que le succès ça monte un peu à la tête, mais j'ai des vraies valeurs humaines et c'est ce qui me sauve. Et je suis bien entouré. Tout ça donc, ça crée parfois des fossés avec les autres mais de toute façon, une aventure artistique, ce n'est jamais rose.»
Des dates sont déjà prévues en avril 2007 chez nous. Ça ne t'angoisse pas de savoir ce que tu feras l'année prochaine à la même époque?
«C'est un peu comme ça que ça a fonctionné cette année. Plus on avançait, plus on voyait la tournée se remplir. En tout cas, si un jour, j'en ai marre, je ne serais plus là. Il ne faut pas se forcer à faire les choses parce que les gens vont le ressentir. Si je suis donc là en avril 2007, c'est que ça m'éclate toujours.»
Propos recueillis par Déborah Laurent
© La Dernière Heure 2006

